Capharnaüm

Ridicule

J’pensais naïvement que c’était important, voir précieux.
Pour lui aussi et pas seulement pour moi.
Puis violemment je me suis rendue compte que non.
J’avais songé, après quelques mois ensemble, que nous n’avions plus à endurer le temps, enfin ! Nous pouvions en profiter un peu.
Profiter de ce temps avec lui.
Je crains ne pas l’avoir assez fait. Je crains qu’il soit plus ou moins trop tard. Je sais que ce n’est pas ce qu’il veut : il ne veut rien.
Moi ou pas.
Avec ou sans.
Je me sens défaillante.
Parano probablement mais impossible de chasser définitivement cette idée, qui me persécute un peu, je dois l’avouer.
N’ai-je pas toujours reconnu être faible et fragile et de ce fait avoir besoin de m’auto-protéger ?
Et pourtant, en me jetant dans ses grands bras rassurants, sécurisants, à aucun moment je n’ai douté de lui, alors, j’ai retiré mon armure.
J’ai cassé les murs de ma forteresse, baissé le pont levis et lui ai donner accès libre. Carte Blanche.

Aujourd’hui, j’oppresse. C’est trop, toujours trop. Je pense trop, je l’aime trop, je stresse trop, je parle trop, je suis trop. Et bien sur, trop peu à la fois. J’sais pas.

Rien n’a de sens, je le sais, mais j’avais décidé plus ou moins consciemment que je pouvais me donner moi-même un but : le rendre 'heureux' (ce qui s’en rapproche le plus vue les circonstances). Prendre soin de lui sans nulle autre raison que l’envie de le faire, parce qu’il est lui et qu’il le mérite. Parce qu’avec lui et pour lui, rien ne me fait peur, pas même le temps… J’ai même cru qu’il ressentait cela, lui aussi. Connasse.
Oui, je me suis aperçus que cela n’était pas du tout à ma portée, à peine puis-je l’effleurer du bout des doigts.
Je ne suis pas quelqu’un qui peut rendre heureux quelqu’un d’autre : Je ne suis pour personne car personne n’est pour moi.
Il n’y a rien en moi qui puisse apaiser ses tourments, au contraire. J’oppresse. Et ça m’oppresse.
Ce monde est pourri et je dois arrêter de vouloir. Puis, enfin, arrêter de respirer.

Metallica - The Thing That Should Not Be

Et moi ?
Hm.
J’pensais avoir trouvé l’équilibre de mon existence, la pierre manquante à l’édifice pour qu’il résiste aux intempéries…
Mon rocher sur lequel m’accrocher quand le courant m’emporte… Une certaine réciprocité.. mais je l’aime tellement que je ne sais pas faire autrement que continuer à ... être là ?
Mais ce n’est pas ce qu’il veut putain ! Ouvre les yeux, regarde autrement qu’avec tes sentiments de merde qui te polluent la tête !! !
Il s’en fout.
Un vide presque réconfortant, pas de raison d’être bien, trop de raisons d’être mal, alors juste se contenter d’être. Respirer. Subir et attendre. Renoncer à tout, puis ne ressentir que dégoût, amertume, colère… le reste n’est pas important, le reste n’est pas réel. Seule sa douleur l’est.
Et la mienne ?
Peu importe, moi, peu importe.
u ne peux en vouloir qu’à toi-même : quelle idée débile de faire confiance, de ne garder aucune marche de manœuvre, de ne pas envisager une seule seconde avoir besoin de te préserver, moi ! Maintenant, clairement, c’est foutu.
En plus, tu es ridicule.