Capharnaüm

Encore, encore et encore ?

Il pleut. Ça aurait pu commencer autrement. Pas de douce lumière solaire mettant en valeur la couleur profonde de mes yeux. Des mégots qui se tassent les uns sur les autres dans ce qui fut, un jour, l’habitat d’une noix de Saint-Jacques. Beaucoup trop de fumée, c’est pourtant écrit sur le paquet : ça tue. Elle sourit.
- "Ca ou autre chose, qu’est ce que ça peut bien faire ?"
Connasse. Je déteste me savoir sourire comme ça, avec cet air suffisant. Putain, il n’y a vraiment pas de quoi. Je sens des envies de violences qui me martèlent le crâne, c’est rapide, un lavabo, du carrelage blanc puis rouge, des images qui succèdent à d’autres. Ouais, j’sais bien on va tous mourir un jour mais ce prétendu détachement n’est franchement pas crédible, fais ça d’vant le reste du monde si tu veux mais pas avec moi, enfin, pas avec toi.

Bla bla bla. Je m’ennuie, un peu. C’est encore et encore et encore les mêmes idées, hélas, qui remontent à la surface et tourbillonnent dans ma cervelle. J’avais plus ou mois espéré un changement, plusieurs même. Que dalle. Bah ouais, mais tu crois quoi ? Un changement, si tu le veux, il faut que tu le provoques et non pas que tu restes assise devant ton écran de PC en attendant que, peut-être, éventuellement, les choses bougent d’elles-mêmes. Hum c’pas faux. J’sais juste pas comment m’y prendre, avec tout les paramètres à prendre en compte, ça semble quasi impossible ou hors de ma portée actuellement. Et pourquoi... ? Encore, encore et encore parce que pas d’argent, pas de courage, pas de solution.
Reprendre des études. Faire quelque chose de mon cerveau, quelque chose qui m’intéresse, qui puisse me permettre de m’épanouir un minimum, malgré l’absurdité de la vie et de la mort, malgré les douleurs, malgré le monde qui part en couille. Malgré la peur de l’échec, la peur de vivre, la peur d’y croire, la peur de merde qui pollue tout et nous fais croire que nous sommes mieux enfermé dans cette vie sans saveur parce qu’elle est sécurisante. P’fff ! Le pire, c’est que je le sais ! Mais… j’sais pas comment faire autrement, il y a non pas des excuses cette fois, mais de vrais éléments à prendre hélas Ô oui, hélas, le loyer, les frais annexes, la nourriture etc.

Alors, suis-je condamnée à cette vie de merde qui m’étouffe, parce que ados, j’ai foiré mes études, parce que j’ai fais trop souvent les mauvais choix, parce que c’est compliqué ? Ne puis-je pas essayer quand même, passer par des chemins de traverses, galérer un peu mais avec le sourire de celle qui sait que, pour une fois, ce n’est pas pour rien, ce n’est pas malgré tout ?